Comme on le verra dans le tour d’horizon que Zamane vous propose, l’expression «révolution» n’est nullement exagérée, s’agissant de la réalisation d’une infrastructure de communication terrestre transformant un Maroc d’avant le Protectorat français jusqu’alors quasi fermé aux étrangers, sans vrais ports ni routes praticables.
Les premières grandes voies de communication allaient être réalisées, suite à l’occupation du pays par l’armée française, renouant ainsi avec celles ouvertes lors de l’annexion romaine de l’Afrique du Nord et du Maroc au temps du César Auguste (Octave) au début du premier siècle de notre ère.En effet, à la veille du Protectorat français en 1912, le Maroc ne disposait pratiquement d’aucune route, et seules existaient des pistes de caravanes empruntées par les commerçants et voyageurs à dos d’animaux, mulets, chevaux, chameaux et ânes, et surtout à pied pour la plupart. La roue et le chariot étaient demeurés absents, représentant encore une certaine énigme historique selon divers spécialistes. La traversée de rivières et de fleuves, comme le Sebou ou l’Oum Rbi’, constituait un sérieux handicap aux déplacements qui étaient à la fois problématiques et souvent risqués, les itinéraires empruntés étant souvent infestés de bandits de grands chemins et de voleurs attaquant et rançonnant les usagers. Ainsi, ce n’est pas par hasard si des préoccupations militaires et sécuritaires en furent à l’origine, et auxquelles longtemps l’administration marocaine du Makhzen en place n’avait pu trouver des solutions appropriées. Les raisons économiques ou sociales étaient alors secondaires lors de la conception du tracé et la longueur décidée d’un réseau routier dont la construction allait être relativement accélérée. Il avait démarré parallèlement à la pénétration coloniale française, supervisé par celui qui deviendra l’ingénieur principal des travaux publics du Protectorat : Joseph Lavigne.
Par Mohammed Germouni
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