Tit, la cité médiévale, a vu son prestige recouvert par le nom de son saint patron Moulay Abdellah Amghar et par le Moussem (festival annuel qui s’y tient). Et si le temps semble l’avoir délaissée, l’histoire ne l’a point oubliée.
Située sur une petite colline face à l’Atlantique, elle n’a pas été autant favorisée par les temps modernes, qui ont privilégié la construction d’une route touristique longeant la mer et reliant la station balnéaire de Sidi Bouzid au gigantesque port de Jorf El Asfar. Seul un œil exercé peut repérer les vestiges de tours anciennes, mais seuls les spécialistes savent qu’elles sont almohades. Pour peu que l’on relève les yeux avec une curiosité patrimoniale, on aperçoit au loin un minaret qui semble être le jumeau de celui de la Koutoubia de Marrakech. Sobre, imposant et élancé, comme pour atteindre le ciel. Pour ceux qui sont attirés par le monument et qui ne sont pas de la région, il faut un guide. Le minaret est entouré de constructions plus ou moins anciennes, voire parfois anarchiques. L’urbanisme de la localité ne semble pas avoir pris en compte l’importance architecturale et artistique du site, ni sa dimension historique, ni son rôle spirituel et militaire dans le passé. L’histoire ancienne de Tit reste difficile à reconstituer, faute de sources nombreuses et concordantes. Un seul témoignage ancien, celui
d’Al Azemmouri, permet d’entrevoir l’apparition du ribat, établi dans un contexte de tensions avec les Berghwata afin de freiner leur progression vers le sud. On y apprend que la fondation du ribat revient à Ismaïl, ancêtre de la lignée des Amghar, et qu’elle s’est accompagnée des premières constructions essentielles, une mosquée, une habitation et un puits, réalisées sous l’impulsion de son fils Abou Ja‘far ‘Issa durant la seconde moitié du XIème siècle.
Par Moulim El Aroussi
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