Avec sa célèbre «Description de l’Afrique», Hassan al-Wazzan, alias Léon l’Africain, a dressé un portrait sans concession du Maroc à la fin du Moyen Âge, bourré de chiffres, de détails et de statistiques. Plusieurs raisons expliquent cela. D’abord le livre est le fruit d’observations de terrain et d’investigations personnelles, qui font que ces «presque carnets de voyage» ont été rédigés après moult pérégrinations à l’intérieur et à l’extérieur du royaume. Al-Wazzan a effectué et accompagné plusieurs missions diplomatiques pour le compte du sultan wattasside, qui l’ont conduit jusqu’en Europe et dans tous les pays du pourtour. Issu d’une famille aisée, qui possédait plusieurs exploitations agricoles, il accompagnait, dès l’enfance, son père quand il sillonnait le pays et allait à la rencontre des tribus afin de percevoir les impôts pour le compte du makhzen. Plus tard il a exercé, deux années durant, comme secrétaire dans l’un des maristans de Fès. Ce genre de mission était l’équivalent d’un «stage» de formation pour l’époque…
Et ce n’est pas tout, puisque le jeune Hassan al-Wazzan a ensuite assisté les adouls de Fès, avant de se commencer à accompagner le sultan dans ses voyages et harkas dans l’ensemble du territoire. C’est donc un homme distingué, accompli, au bagage intellectuel fourni, assez polyvalent… Et à qui rien, des réalités marocaines de l’époque, ne pouvait lui échapper.









































