Plusieurs villes marocaines vivent, depuis la dernière semaine du mois de septembre, au rythme des appels à manifester de la génération Z. Zamane fait le point sur un phénomène qui rappelle que le secteur social reste le foyer de toutes les tensions.
Certains parlent d’effet papillon, ou domino, pour qualifier les récents troubles survenus dans la rue marocaine. Les mouvements de protestation se suivent mais ne se ressemblent pas. Y a-t-il une logique de fond pour autant ? Toute la question est là. À Agadir, une série de décès en maternité, dans un hôpital public, a déclenché des mouvements de protestations qui ont gagné toute la ville, mettant sur le «gril» tant le ministre de la Santé que le chef du gouvernement en personne. Quelques jours plus tard, la colère s’est déplacé à d’autres villes du royaume, notamment les deux «capitales», Casablanca et Rabat, où une plateforme appelée «Genz212» a appelé à manifester dans la rue. Née dans les réseaux sociaux, «Genz212» porte un sigle désignant la jeune génération marocaine : «Genz» pour la génération dite Z (qui a ouvert les yeux sur internet), et le 212 renvoyant à l’indicatif téléphonique du royaume. Sans leader et sans appui idéologique ou partisan, d’après les premiers constats, le mouvement a déjà lancé plusieurs appels, toujours via les réseaux sociaux, avec pour principales revendications un meilleur système d’enseignement et de santé, et le slogan «silmiya silmiya» (manifestations pacifiques). Activisme numérique et mobilisation sur le terrain : tels sont les mots d’ordre du mouvement, qui semble cibler également l’organisation du Mondial 2030. Si les décès des femmes enceintes d’Agadir semblent avoir catalysé le mouvement dit de la
génération Z, d’autres éléments ne sont pas à exclure. Les raisons de la colère sont multiples, à l’heure où le dialogue social est plutôt à l’arrêt et où la cote de popularité du gouvernement Akhannouch est au plus bas. En face, les premières réponses apportées par les autorités marocaines sont pour le moins contrastées. Alors que la plupart des grands médias publics ont choisi de passer sous silence ou de relativiser l’importance de ces troubles, le gouvernement a convoqué une réunion ministérielle de crise, faute d’une communication audible et efficiente. Pendant ce temps, les forces de l’ordre et les services de police sont aux premières loges, multipliant les interpellations (souvent suivis de relâchements) parmi les jeunes manifestants. Motifs invoqués : rassemblements non autorisés. Ces événements interviennent au moment où le Maroc s’apprête à accueillir, au mois de décembre, la prochaine édition de la CAN (Coupe d’Afrique des nations) et que les chantiers liés au Mondial 2030 ont enclenché la vitesse supérieure. Au-delà des mesures directes prises localement, à Agadir ou dans la localité d’Aït Bouguemez (où des centaines d’habitants avaient entamé, en juillet 2025, une marche pour revendiquer une amélioration des infrastructures routières de la région, entre autres), le gouvernement marocain est appelé à fournir d’autres réponses pour des secteurs clés comme la santé, l’éducation et l’emploi.






































