On les appelait les «massourates» (déformation de «ma sœur» au pluriel), beaucoup étaient italiennes et certaines ont exercé comme infirmières ou aide-soignantes jusqu’à l’orée des années 1980. Zoom sur les dernières sœurs religieuses du Maroc, et particulièrement d’El Jadida.
La présence ancienne des religieuses infirmières à l’hôpital régional MohammedV à El Jadida date de la période du Protectorat. La création de cet établissement s’est opérée sur plusieurs années (1913-1918) comme cela a été signalé par la doctoresse Eugénie Delanoë dans son livre «Trente années d’activité médicale et sociale au Maroc». Mais cette doctoresse n’évoque pas la présence d’infirmières religieuses au sein de l’hôpital, alors qu’une petite communauté y exerçait. C’est probablement dans les années 1940 avec la conjoncture de la Deuxième Guerre mondiale que les religieuses catholiques infirmières sont apparues dans le paysage local. Il faut dire qu’il y avait déjà dans cette ville des religieuses enseignantes dans des écoles maternelles ou primaires, mais là n’est pas notre sujet. Quant aux sœurs infirmières, elles exercèrent à l’hôpital civil de Mazagan (ancien hôpital régional Mohammed V). D’une capacité de plus de 300 lits, cet établissement hospitalier répondait aux besoins de la population de la ville et de sa région. Selon le docteur Robert Ficini, ancien chirurgien à l’hôpital de 1963 à 1973, cet établissement était homologué pour accueillir le stage d’internat en médecine. En 1960, il servit même de territoire d’évacuation pour les blessés du tremblement de terre d’Agadir. L’hôpital, témoigne le Docteur Ficini «fonctionnait parfaitement bien dans le respect, l’entente et la collaboration. Les médicaments et les fournitures étaient suffisants. Au bloc opératoire toute la chirurgie générale était pratiquée dans de bonnes conditions».
Par Mustapha Jmahri
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