La Villa Carl Ficke, futur Musée de la mémoire de Casablanca, accueille une exposition dédiée à Mohamed Hamidi, figure discrète mais essentielle de l’art moderne marocain. Cofondateur de l’École de Casablanca, il fait partie de ces artistes qui, dès les années 1960, ont cherché à renouveler les formes en s’appuyant sur les arts populaires, l’architecture islamique et les symboles amazighs et africains. Contrairement à l’idée selon laquelle son œuvre serait entièrement abstraite, Hamidi n’a jamais rompu avec la figuration : chez lui, le corps se transforme en signe, en motif chargé de sens, comme un pont entre mémoire, rituel et modernité. Son travail se distingue aussi par un rapport presque artisanal à la couleur. Il préparait lui-même ses pigments naturels, cherchant une harmonie subtile entre les teintes et donnant naissance à des compositions vibrantes où affleurent l’ocre des terres marocaines ou les bleus profonds de son enfance. Cette quête visuelle l’a conduit à puiser dans des traditions multiples, de l’Égypte à l’estampe japonaise, qu’il réinterprétait à travers un vocabulaire universel. En présentant cette exposition, la Fondation Nationale des Musées poursuit son effort de valorisation de la création marocaine et rappelle l’importance de préserver la mémoire d’artistes dont l’apport dépasse le cadre national. L’œuvre de Mohamed Hamidi, par son audace et son lyrisme, demeure l’une des grandes aventures de la modernité artistique au Maroc.







































