À travers la fondation du Club Roosevelt en 1946, Abdellatif Sbihi incarna une vision avant-gardiste de l’amitié maroco-américaine dans un contexte historique marqué par la Seconde Guerre mondiale, la Charte de l’Atlantique et la Conférence d’Anfa. La suite : une longue histoire d’amitié entre les deux familles… et les deux pays.
Plusieurs personnalités de Salé ont joué un rôle important dans les relations maroco-américaines. Cas du grand amiral et ambassadeur Tahar Fennich, fils du Pacha Abdelhaq Fennich, qui négocia avec le consul Thomas Barclay le traité de paix et d’amitié avec les États-Unis conclu en 1786. Il convient aussi de mentionner l’activisme des nationalistes et intellectuels slaouis aux États-Unis pendant le Protectorat français. Parmi eux figurait l’«agitateur» Abdelkrim Hajji, un des instigateurs des manifestations contre le Dahir berbère à Salé, vice-consul à New York à l’indépendance, que l’on retrouvera aux côtés du président Nixon lors de sa visite au Maroc. Installé à New York dès 1936, Abdelkrim Hajji relayait la voix du Comité d’Action Nationale puis du Parti National. Il menait des activités de lobbying auprès de sénateurs américains, écrivait dans les colonnes du New York Times et intervenait sur la radio Voice of America (VOA). Il y a aussi lieu de citer le Dr. Mehdi Benaboud, qui ouvrit le bureau d’information de l’Istiqlalà Washington en 1951 pour plaider la cause marocaine auprès du Congrès américain, avant de devenir le premier ambassadeur du Maroc indépendant auprès des États-Unis (1956-1961). Un autre personnage de Salé fut un des premiers artisans de l’amitié maroco-américaine, mais son rôle ne fut pas assez reconnu. Il fut pourtant un acteur clé de la lutte pour l’indépendance du Maroc. Il s’agit d’Abdellatif Sbihi, célèbre notamment pour avoir divulgué le Dahir berbère de 1930. Il fut non seulement un résistant acharné au colonialisme français, mais également un pionnier dans l’établissement des relations entre le Maroc et les États-Unis.
Par Ismael Zniber
Lire la suite de l’article dans Zamane N°178





































Commentaires 1