C’est en mars 1956 que le Maroc est officiellement devenu indépendant. 70 ans plus tard, Zamane revient sur cet événement majeur dans l’histoire marocaine pour en délimiter les contours et en connaître les coulisses, et surtout le sens profond, la philosophie, mais aussi les limites. Mais cette indépendance n’a jamais été un point d’arrivée. Elle est d’abord un commencement. Un basculement, plus qu’une rupture. Car en mars 1956, tout ne disparaît pas avec le protectorat. Les structures restent, les influences persistent, les équilibres se redéfinissent. L’État recouvre sa souveraineté, mais doit composer avec un monde déjà organisé, des intérêts déjà installés. L’indépendance n’efface pas les dépendances. Elle les transforme. En réalité, l’indépendance, qui a démarré dans les faits bien avant le traité de mars 1956, doit se conjuguer au pluriel. Dans tous les sens du terme. Nous avons affaire à des indépendances : celle du tandem franco-espagnol, mais aussi celle du politique, du législatif, du juridique, de l’économique, du social et du culturel. Sans oublier cette notion à part, déjà établie à l’époque : l’interdépendance, dont on n’a toujours pas fini de délimiter l’étendue…
Comme tous les pays qui ont subi le joug de la colonisation, le Maroc a recouvré son indépendance dans un contexte de décolonisation par l’entremise de l’action du mouvement national. Lequel avait exprimé sans ambages, en janvier 1944, le désir de se soustraire du protectorat, dans ce qui est communément connu sous l’appellation «Manifeste de l’indépendance». Puis il y eut le discours du sultan Sidi Mohammed Ben Youssef à Tanger en 1947 et un mouvement de la résistance suite à la déposition du sultan, le 20 août 1953, avec la recrudescence des violences, dans les villes surtout. Sans oublier le déclenchement dans le triangle jouxtant Taza, Boured, Tizi n’Ussli et Imouzzer Marmoucha, le premier embryon de l’Armée de Libération du Maroc dans le sillage d’un grand mouvement groupant Marocains et Algériens.
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