L’ancien Premier ministre français Lionel Jospin, qui vient de rendre l’âme à l’âge de 88 ans, était un ami des socialistes marocains, et notamment Abderrahmane Youssoufi. Ami des deux hommes, Brahim Ouchelh, ancien opposant, se souvient…
«Le 2 octobre 1998, lors du dîner d’honneur donné à Paris en l’honneur d’Abderrahmane Youssoufi, alors Premier ministre, Lionel Jospin s’adressa à lui en le tutoyant. Ce n’était pas une entorse banale au protocole. C’était le signe d’une amitié ancienne, forgée par de longues années d’estime, de combat et de fraternité socialiste. Il faut dire aussi que, dans la tradition socialiste internationale, le tutoiement a souvent exprimé une proximité militante qui dépasse les fonctions et les rangs», raconte Brahim Ouchelh. «Plus tard, lorsque les deux hommes eurent quitté leurs responsabilités, il m’arriva de contribuer à maintenir ce lien. À chaque visite de Youssoufi à Paris, je reprenais contact avec Lionel Jospin. J’avais conservé pour cela son numéro de téléphone personnel. Leurs rencontres se tenaient dans la discrétion, comme il sied aux amitiés vraies, loin du bruit public et des oreilles indiscrètes». Aujourd’hui, conclut Ouchelh, «ces souvenirs reviennent avec force. Ils disent une époque, une fidélité, une certaine idée de la politique, et cette dignité rare qui survit aux charges comme au temps».










































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