Favorisée par les dynasties almohade et mérinide, qui en firent un arsenal et un port majeur, Salé fut, au XIVème siècle, la deuxième plus importante ville du Maroc après Fès, tant sur le plan politique qu’intellectuel. Au point de devenir, à partir du XVIIème siècle, l’un des berceaux de la diplomatie marocaine. Entre autres.
Fondée au XIème siècle par les princes andalous des Banou Achara, la cité a connu une histoire riche et diverse : port florissant, refuge pour les ascètes, les «saints» et les lettrés venus d’Andalousie et de l’Occident musulman (à l’instar du grand vizir et poète de l’Alhambra Ibn Al Khatib), thalassocratie redoutée, base de la course maritime avec Rabat, centre important du soufisme, d’oulémas et de lettrés, et enfin terreau et bastion du mouvement national et de la lutte contre l’occupation française. Salé, paradoxalement perçue comme « verrouillée » et « fanatique » dans la littérature européenne, a vu s’épanouir en son sein, à l’image des cités-États italiennes de la Renaissance, des familles patriciennes rivales, endogames et des dynasties de grands commis de l’État. Fait remarquable, une quarantaine d’ambassadeurs slaouis ont marqué l’histoire diplomatique du Maroc au cours des quatre derniers siècles, par des traités historiques (paix avec la France en 1682, amitié avec les États-Unis en 1786) ou, plus récemment, par la présidence du Conseil des droits de l’homme à Genève en 2024. Aujourd’hui encore, Salé continue d’irradier dans le champ diplomatique, avec des figures telles qu’Omar Zniber à l’ONU et Lotfi Bouchaara en Russie, sans oublier de nombreux consuls et hauts fonctionnaires aux Affaires étrangères.
Par Ismael Zniber
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