Le militant des droits humains Sion Assidon est décédé, ce vendredi 7 novembre à Casablanca, après près de trois mois dans le coma. Il avait été admis en soins intensifs en août dernier, après avoir été retrouvé inconscient à son domicile, portant plusieurs blessures dont l’origine reste, à ce jour, non élucidée. Selon ses proches, l’état de santé du coordinateur national du mouvement BDS Maroc (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) s’est brutalement détérioré en début de semaine, à la suite d’une récidive d’infection pulmonaire «plus agressive sur un organisme affaibli». Malgré de multiples interventions médicales, l’infection lui a été fatale. Sa famille et ses amis ont exprimé leur gratitude envers le personnel soignant, qui l’a accompagné durant toute cette période.
Ces dernières semaines, l’entourage de Sion Assidon affirmait observer des signes encourageants : il ouvrait les yeux, suivait ses interlocuteurs du regard et semblait tenter de s’exprimer, tout en parvenant à bouger légèrement un bras.
Pour ses proches, ce décès réactive «l’urgence de faire toute la lumière sur les circonstances qui ont conduit à cette tragique situation». Le 15 octobre, ils avaient déjà appelé à l’approfondissement de l’enquête. Mardi 4 novembre 2025, trois jours avant sa mort, des membres de la famille et des amis avaient été reçus par le procureur général du roi près la Cour d’appel de Casablanca, accompagnés de trois avocats, afin de demander notamment qu’un médecin légiste soit associé aux investigations.
Né en 1948, Sion Assidon fut l’un des témoins les plus emblématiques des grands combats politiques et citoyens qu’a connus le Maroc contemporain. Ancien prisonnier politique dans les années 1970, il fut l’un des cofondateurs de Transparency Maroc et de BDS Maroc, menant inlassablement des campagnes en faveur des libertés publiques, de la lutte contre la corruption et de la défense de la cause palestinienne. Figure intellectuelle respectée, il était décrit par ses proches comme un «militant infatigable contre le génocide et les crimes de guerre de l’État colonial d’Israël». Les hommages se multiplient, saluant un engagement demeuré constant jusqu’à la fin.
Quelques jours avant son coma, Sion Assidon avait accordé à Zamane (dans sa version arabophone) ce qui restera sa toute dernière interview.
Lire l’entretien :
سيون أسيدون : «اختلفنا داخل السجون حول الصحراء ولم نختلف حول فلسطين» – زمان

































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