Une rue porte aujourd’hui encore son nom à El Jadida. Mais qui était le docteur Blanc et quelle est son histoire avec l’ancienne cité portugaise ? Zamane a mené l’enquête.
En vertu des accords d’Algésiras de 1880 et de 1906, certaines nations européennes procédaient dès la fin du XIXème siècle à l’ouverture de dispensaires et à l’envoi de médecins militaires ou civils dépendant des ministères des Affaires étrangères. Cette démarche prenait également en compte le rôle que les médecins pouvaient jouer dans l’application des mesures sanitaires au niveau du Maroc et de l’augmentation du nombre de leurs ressortissants dans le pays. C’était d’abord la légation d’Espagne à Tanger qui décidait, vers 1889, d’adjoindre à chaque consulat un médecin militaire. Le médecin espagnol affecté au consulat était chargé de la colonie pauvre de son pays. Les docteurs Rodriguez, Santiago Sanchez Codda, puis Montès furent successivement attachés au vice-consulat de Mazagan-El Jadida. Quant à la France, elle était présente à Mazagan dès 1900, et ce bien avant la conclusion du traité du Protectorat en 1912. En effet, dès 1904, le gouvernement français préconisait, dans le cadre de «la pénétration pacifique», de créer des dispensaires à Casablanca, Mazagan et Mogador où œuvraient les médecins missionnaires des Affaires étrangères. Selon le docteur Maxime Rousselle (in «Médecins, chirurgiens et apothicaires français au Maroc, 1577-1907»), le principe de «la pénétration pacifique» consistait à se faire accepter «sans violence et avec humanité», et donc en quelque sorte agir comme une ONG humanitaire avant la lettre.
Par Mustapha Jmahri
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