Si la majorité des réfugiés andalous a été facilement intégrée dans les sociétés hôtes marocaines, ceux de Rabat furent une exception. Il s’agit surtout d’un groupe particulier, les Hornacheros, arrivés dans l’estuaire du Bouregreg en 1609 pour fuir la persécution del’inquisition catholique. Mais, peu de temps après, ils découvrirent qu’ils avaient fait le mauvais choix et voulaient coûte que coûte regagner leur chère Andalousie.
Au XIIème siècle, les Almohades décidèrent de fonder une ville, ou plutôt un campement militaire, un ribat, à côté de la casbah almoravide, aujourd’hui connue sous le nom de Casbah des Oudaya. Yacoub al-Mansour jugea que la capitale Marrakech ne convenait plus de par sa situation méridionale à un empire qui s’étendait jusqu’en Espagne. En pays d’Islam, le choix de l’emplacement des capitales était dicté par des considérations stratégiques. La capitale était toujours située au milieu du pays, loin des côtes d’où pouvait arriver le danger, surtout chrétien. Mais pour les Almohades, l’estuaire du Bouregreg n’était pas vraiment sur la marge de l’empire. Il était même central pour un empire qui s’étendait du Sahara jusqu’au milieu de l’Espagne. Donc, pour Yacoub al-Mansour la ville qu’il voulait édifier sur l’embouchure du Bouregreg ne serait pas juste un «ribat» pour le rassemblement des troupes en route pour Al-Andalus, mais une vraie «hadira» avec tous les atouts d’une ville de civilisation : un palais, une grande mosquée, la plus grande de tout l’Occident musulman, et une forteresse formidable sur la mer. Mais le rêve de Yacoub al-Mansour s’arrêta là.
Par Mohamed El Mansour
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