L’âge d’or de la piraterie (ou de la course en mer) au Maroc est incontestablement incarné par la formidable puissance du port de Salé, connu comme la base d’expéditions folles qui sont allées jusqu’à terroriser les côtes islandaises, à près de 4000 kilomètres de la «République des Corsaires». Au XVIIIème siècle, l’activité, qui bénéficie désormais de l’expertise de renégats étrangers, est sans conteste un pilier de l’économie du pays. C’est sans doute aussi pour cela qu’elle attise la convoitise du Makhzen, désireux d’en tirer profit sur le plan diplomatique. Ce sont les Alaouites qui vont, les premiers, «nationaliser» la course. Les puissants raïss (capitaines) indépendants perdent leur autonomie, et la «piraterie» est alors soumise aux intérêts de l’Etat qui peut renflouer ses caisses. Pour le pouvoir, les profits ne sont pas exclusivement économiques. Il profite aussi de la course pour façonner ses relations avec les Etats occidentaux. Guerres et paix en sont souvent la conséquence. Mais cette situation ne dure pas longtemps. Les pays menacés par la course accentuent leur pression pour sécuriser leur trafic maritime. La révolution industrielle leur donne, de plus, un avantage technologique que ne peuvent contester les petites embarcations des pirates maures. Enfin, la colonisation de l’Algérie par la France en 1830 vient définitivement sonner le glas des pirates «barbaresques» d’Oran, Alger et Tunis,entretenus jusqu’alors par l’empire Ottoman.






































