La Coupe d’Afrique des Nations, qui s’ouvre au Maroc, est l’occasion, pour le royaume, de remonter enfin sur le toit d’un continent qui nous est si cher et auquel nous avons toujours appartenu.
L’histoire du Maroc avec la reine des compétitions continentales est faite de quelques hauts, beaucoup plus de bas et plus encore de frustrations. De toutes les grandes nations du football africain, le Maroc a été en effet le dernier à se qualifier pour une phase de finale de la CAN : celle du Cameroun en 1972, soit la 8ème édition déjà. Comment expliquer ce retard ?
Les raisons sont à la fois politiques et sportives. Lors des premières éditions, les Lions de l’Atlas avaient multiplié les forfaits et les éliminations au cours des barrages qualificatifs. Même en 1970, année ou le Maroc a pris part au célèbre Mondial du Mexique, la bande de Bamous, Allal et des autres n’a pas pu se qualifier pour la phase finale de la CAN qui a eu lieu, cette année-là, au Soudan. Pour leur première participation, donc, en 1972, les Marocains ont quitté la compétition dès le premier tour. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, le triomphe marocain lors de la CAN 1976 (Ethiopie) correspondait à peine à la deuxième participation des nationaux à la CAN !
Lors de l’édition suivante, en 1978, et alors qu’ils sont les tenants du titre continental, les Marocains essuient une surprenante élimination dès le 1er tour, avec notamment une cuisante défaite à l’Ouganda, le petit poucet du tournoi. En 1980, les Lions atteignent les demi-finales (à l’époque, le tournoi se joue à huit sélections seulement). En 1982 et 1984, ils disparaissent dès les tours préliminaires. Avant d’atteindre de nouveau les demi-finales en 1986 et 1988. La décennie des années 1990 fut encore plus décevante, les Marocains ne se qualifiant qu’à deux phases finales (sur cinq), pour un quart de finale en 1998. Les années 2000 connurent un sommet, avec une finale disputée en 2004 (Tunisie), et une série d’éliminations au premier tour ou en phase préliminaire. Un certain renouveau, très relatif, eut lieu dans les années 2010, mais les Lions de l’Atlas ne dépassèrent jamais le cap des quarts de finale. Un plafond de verre, donc, qui continue de perdurer…
Cela fait au total, et sur un total de 34 éditions, deux finales jouées (pour une gagnée) et 18 participations à la phase finale. Ce qui est relativement faible, compte tenu du poids du royaume sur la scène footballistique africaine. Il s’agit d’une anomalie qu’il est plus que temps de réparer. On mesure donc, aujourd’hui, le poids des responsabilités qui pèsent sur le staff marocain, joueurs et dirigeants, alors que le royaume s’apprête à accueillir, pour la deuxième fois de son histoire, le gotha continental. La première, en 1988, fut une déception sur toute la ligne. La deuxième devait avoir lieu bien plus tôt, en 2014 déjà, mais le Maroc a du se désister à cause du virus Ebola…
Un autre défi attend le royaume, en plus du sportif : celui de l’organisation, et surtout de l’humain. Car la CAN, ne l’oublions pas, est avant tout une fête et un magnifique espace de rencontre de tout un continent, bien
au-delà des frictions et des rivalités politiques…






































