Au moment où, à la fin du XIXème siècle, un Maroc affaibli cherchait la paix face à un ennemi avide de s’étendre sans limites, l’affaire dite Bouamama permit à la France, en quête d’un alibi, d’étendre son autorité sur le Touat.
La colonisation et la domination occidentale du monde reposent sur les mêmes paradigmes. On occupe le pays, on installe l’armée et l’administration, et l’on considère toute contestation comme une insurrection contre l’ordre établi. L’administration française occupa l’Algérois, procéda à des provocations à l’encontre du Maroc afin de gagner davantage de territoire vers l’Ouest, et continua ainsi à susciter des soulèvements de tribus pour justifier son intervention et partant la conclusion d’autres traités de «paix», pour enfin se permettre l’annexion de nouveaux territoires, dans le but d’élargir son espace vital. L’affaire Bouamama en fut l’exemple éclatant, permettant à la France d’étendre son autorité sur le Touat. Le Maroc, sous Moulay Hassan 1er, affaibli, cherchait la paix face à un ennemi avide d’une extension territoriale effrénée. Cheikh Bouamama, dit aussi Bou Hamama, naquit en 1833 à Ksar Hammam Fougani, près de Figuig, et mourut le 7 octobre 1908 à El Aïoun Sidi Mellouk, près d’Oujda, à la frontière algérienne. Issu des Oulad Sidi Tadj, branche des Oulad Sidi Cheikh Gharaba, sa tribu fut partagée entre la France et le Maroc après le traité de Lalla Maghnia de 1845. Installé enfant à Moghrar, il y resta discret jusqu’en 1878, puis fonda une zaouia et mena une vie ascétique, acquérant une réputation de saint et de thaumaturge auprès de ses fidèles. S’appuyant sur son autorité spirituelle et sur la foule grandissante de ses adeptes, le marabout appela au jihad contre les chrétiens (les Français).
Par Moulim El Aroussi
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