Àl’occasion du 10ème anniversaire de l’Espace Rivages, la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger a organisé une exposition collective d’envergure intitulée Traces sur Rivages.
Créé en 2016, l’Espace Rivages s’est progressivement affirmé comme un lieu dédié à la mise en valeur des artistes marocains vivant et travaillant hors du territoire national. Au fil des années, cet espace est devenu une passerelle entre le Maroc et les scènes artistiques internationales. Il accompagne des démarches individuelles variées tout en contribuant à faire émerger une lecture collective de cette production artistique en mouvement. L’exposition Traces sur Rivages a réuni des créatrices et créateurs qui vivent dans des contextes géographiques multiples, répartis entre plusieurs pays d’Europe, d’Amérique du Nord, du Moyen-Orient et d’autres régions du monde. On y retrouve ainsi des parcours ancrés en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, en Italie ou en Espagne, mais aussi au Canada, en France, et aux États-Unis, sans oublier des présences plus lointaines comme celles établies aux Émirats arabes unis, au Qatar ou encore dans d’autres espaces de circulation et de mobilité contemporaine.
La richesse de cette exposition tient autant à la diversité des origines qu’à la pluralité des générations et des sensibilités artistiques représentées. Les artistes confirmés y dialoguent avec des voix plus jeunes, parfois émergentes, toutes engagées dans des recherches esthétiques singulières. L’ensemble compose une constellation de pratiques où coexistent des approches très différentes. La variété des œuvres exposées reflète la complexité des expressions actuelles et la manière dont les artistes interrogent sans cesse les langages visuels.
Au-delà de la diversité formelle, Traces sur Rivages propose une réflexion plus profonde sur les notions d’identité, de déplacement et d’appartenance. Les œuvres exposées semblent tisser entre elles une sorte de cartographie sensible faite de fragments de mémoire, de trajectoires individuelles et de récits de voyage. Elles évoquent les expériences de l’exil, les recompositions du quotidien dans des contextes culturels multiples, mais aussi les liens persistants avec les origines et les héritages. Le temps, la distance, la terre natale, ou celle des ancêtres, ou encore la transformation des repères personnels deviennent des motifs récurrents, abordés de manière poétique, critique ou introspective selon les artistes.
Cette exposition ne se limite pas à une simple rétrospective commémorative. Elle se présente plutôt comme un moment vivant, presque organique, qui met en lumière la vitalité de la création marocaine à l’échelle internationale. Elle montre comment les artistes issus de la diaspora participent activement aux dynamiques contemporaines de l’art mondial tout en maintenant des liens forts avec une mémoire culturelle commune.
Le visiteur a eu le plaisir de parcourir des œuvres qui racontent chacune à leur manière des histoires de passage, de transformation et de renaissance.
Par Moulim El Aroussi









































