Le royaume chérifien, jusqu’à une date récente, était classé traditionnellement parmi les pays ayant un littoral mais dépourvus de « vocation maritime ». L’histoire nous apprend que cette opinion largement répandue est erronée. Le Maroc a eu, de longue date, une tradition maritime et halieutique. Les Marocains, comme les autres peuples dits « de la mer », se sont donc trouvé contraints, dans le passé lointain, de se constituer des flottilles de pêche pour couvrir une partie de leurs besoins alimentaires, une marine à la fois militaire, pour se défendre contre les navires belliqueux, et marchande, pour les échanges commerciaux. On doit toutefois relever que le Marocain n’avait nullement besoin d’aller se risquer en mer pour se procurer sa subsistance quotidienne. L’agriculture du pays suffisait largement à nourrir, non seulement sa population, mais contribuait aussi et jusqu’à ces dernières décennies, à soutenir celle de certaines nations européennes. Parmi les premiers témoignages archéologiques d’une ancienne vie maritime maghrébine, on peut relever la présence à Larache de ruines de véritables usines de traitement de poisson. La vente du poisson était une telle richesse dans le nord de l’actuel Maroc que les monnaies de Lixus portaient souvent aux revers un thon. On peut d’ailleurs faire remonter cette activité de la pêche et l’industrie de salaison du poisson aux Vème et VIème siècles avant J.-C, c’est-à-dire à l’époque de l’arrivée au Maroc des Carthaginois.









































