Longtemps, le territoire que nous appelons aujourd’hui Maroc a porté d’autres noms : Maurétanie, Marrakech, Fès, al-Aqsa ou encore Empire chérifien. L’appellation «Maroc» est en réalité récente et résulte d’un long processus où dominent les références géographiques. Dans l’Antiquité, Phéniciens et Grecs nomment ce territoire en fonction de sa position à l’extrême ouest du monde connu, là où le soleil se couche. Cette idée se perpétue dans le terme arabe Maghreb, opposé à Machrek. À certaines époques, notamment avec les Idrissides, on utilise «Maghrib al-Aqsa», expression affirmant une rupture politique avec l’Orient abbasside. Au XIXème siècle, les sultans parlent parfois de «Iyalat al-Gharb», héritage de terminologies ottomanes, soulignant une souveraineté définie par l’espace plutôt que par un nom d’État. L’origine étymologique de «Maroc» provient pourtant moins de Maghreb que de Marrakech, devenue capitale almoravide en 1071. Son nom amazigh, «Mour-Akouch» («terre de Dieu»), inspire d’abord les Espagnols (Marruecos), puis les Portugais (Marrocos, le «s» terminal étant prononcé «ch»), avant d’être adopté par les langues européennes : Morocco, Marokko et enfin Maroc. Pour l’anecdote, aujourd’hui encore, en Iran, par exemple, le mot Maroc est souvent remplacé par Marrakech. Alors qu’en Turquie, on préfère parler de Fès plutôt que de Maroc…







































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