En un peu plus de huit siècles d’histoire commune, traversé de tournants et d’événements fondateurs, touchant jusqu’au domaine culturel et artistique, le Maroc et le Royaume-Uni ont servi, l’un pour l’autre, dans le long processus d’édification de l’identité nationale.
Né en 1100 à Sebta, le Marocain Al Idrissi est le premier géographe qui a établi en 1154 la carte du monde connu. Il y a représenté les Îles britanniques, décrites par lui comme suit : «Ces îles ont la forme d’une autruche. Son peuple est résolu, robuste et endurant. L’hiver y est permanent». Il est intéressant de noter que l’image d’une Angleterre dotée d’un climat lugubre ne date pas d’hier !
Grâce à Al Idrissi, les Marocains connaissaient dès le Moyen Âge l’existence de la Grande-Bretagne, et ce contrairement aux Chinois dont la carte du monde, dressée en 1418, tel qu’exploré par l’Amiral Zheng He, ne comprend pas les Îles britanniques.
Cette référence à Al-Idrissi est faite afin de souligner la réalité suivante que mentionne Michael Brett, un éminent historien britannique : «Dans tout le monde arabo-musulman, le Maroc jouit des relations diplomatiques et culturelles les plus anciennes avec l’Angleterre, et ce bien plus fort que les empires ottoman et perse. Le Maroc a en effet joué un rôle dans l’édification de l’identité britannique». En effet, le premier contact diplomatique connu entre le Maroc et l’Angleterre eut lieu en 1213, à Marrakech, dans le cadre d’une audience accordée par le souverain almohade Mohamed En-Nassir (1199-1213) à des émissaires du roi John Sans Terre (1166-1216) : les Chevaliers Thomas Hardington et Ralph Fitz-Nicholas, accompagnés par Robert of London, clerc royal et envoyé au service du roi John. Les relations diplomatiques entre le Maroc et l’Angleterre furent ainsi initiées 100 ans avant le premier échange d’ambassadeurs entre la France et Londres, en 1315.
Par Mohammed Belmahi
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