Comment mener une politique impériale sans la sous-tendre d’une économie «bodybuildée» ? Et comment posséder une économie compétente sans une monnaie florissante ? C’est l’histoire du fameux dinar almoravide ou marabotin, véritable dollar de l’époque médiévale.
L‘argent est le nerf de la guerre. Cet adage très répandu à notre époque, les Almoravides l’avaient compris et surtout mis en application dans leur vaste empire maghrébo-ibérique. Dans l’absolu, il y a de quoi être surpris. Les Almoravides n’ont pas acquis leur célébrité dans l’histoire du Maghreb et de la Méditerranée par la frappe d’une monnaie. Mais certainement par leur nouvelle approche de la notion de djihad. Une notion retoquée par une lecture assainie du malékisme. Cette dernière sera la clef de voûte de leur idéologie religieuse et politique, mise en œuvre dans un empire à cheval sur le Mare Nostrum. C’est indubitablement avec cette lignée amazighe que le Maghreb al-Aksa du XIème siècle, alors fractionné et affaibli, devient une grande puissance politique, militaire et économique de l’Occident musulman. Leur conquête du Maghreb est foudroyante. Des confins du Sahara aux abords de la Méditerranée. En même temps, dans Al-Andalus, les chrétiens gagnent du terrain et s’emparent de Tolède. C’est la goutte qui fait déborder le pichet des Arabes présents dans la péninsule ibérique. D’où leur S.O.S aux Almoravides. C’est ainsi que Youssef Ibn Tachfine n’hésite pas à traverser le détroit et venir prêter main forte à ces coreligionnaires septentrionaux. La victoire est retentissante. Elle a un nom. La bataille de Zallaqa restée dans les annales. Les Almoravides sont alors à l’acmé de leur gloire.
Par Farid Bahri
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