Face aux mouvements de protestation lancés par les jeunes de la génération Z marocaine, depuis fin septembre, le Roi a repris la situation en main et apporté des premières réponses, via le discours inaugural de la rentrée parlementaire et les mesures du PLF (Projet de loi de finances).
Le royaume vient de vivre plusieurs semaines mouvementées, avec un climat fait de tension sociale et de remous politiques. Le «Hirak» de la génération avait, dans un premier temps, pris tout le monde de court. Derrière la demande «hôpitaux + écoles» qui a pratiquement été scandée dans tous les coins du pays, les jeunes indignés avaient également demandé le renvoi du gouvernement Akhannouch, pris pour principale cible.
Après quelques jours de flottements et d’interrogations, toute l’attention s’est reportée sur le discours royal, à l’occasion de l’inauguration de la session parlementaire d’octobre 2025. Sans référer directement aux troubles en cours, le souverain a expliqué en substance que les méga projets (allusion au gigantesque chantier du Mondial 2030) et les projets liés au développement humain ne sont ni concurrents, ni contradictoires, appelant au passage les uns et les autres à assumer leurs responsabilités. Il a également relevé, au passage, l’importance de mettre en exergue les réalisations et les chantiers de développement en cours.
Ce message sous forme de mise au point et de rappel à l’ordre, destiné tant au gouvernement et à la société civile qu’aux jeunes, quoique indirectement, semble avoir été largement entendu.
Dans la suite, le gouvernement a élaboré un projet de Loi de finances qui accorde la part belle aux secteurs de l’éducation et de la Santé, dont les budgets ont subi une hausse notable. En plus de mesures incitatives destinées à encourager l’entrée en politique des jeunes, ce qui est aussi une manière de donner une nouvelle perspective aux prochaines échéances électorales.
En réaction à ces messages d’apaisement, l’intensité des manifestations de rue a baissé d’un cran, la GenZ semblant basculer, progressivement, dans une phase d’écoute, d’échange et de dialogue. Pour la plupart des observateurs, ce relatif retour au calme, voire à la normale, est un pas positif qui amorce le début d’une sortie de crise. C’est avant tout la victoire du Maroc des institutions et du légalisme. Mais la situation reste fragile. Les prochains mois, les derniers de l’équipe Akhannouch, seront observés à la loupe.
Si le gouvernement a subi un recadrage et reçu un carton jaune, sans frais ou presque, il ne semble plus avoir droit à l’erreur. Les départements de l’éducation et de la Santé sont désormais en première ligne, mais aussi celui de la Justice, puisque les procès liés aux manifestations de rue sont encore en cours.






































