Le sport au XIXème siècle renoue avec les sports antiques, du temps des Grecs notamment, après une interruption des pratiques sportives de plus de 1500 ans (depuis leur interdiction en 393 par l’empereur romain Théodose jusqu’en 1896). Cela signifie-t-il que l’humanité, durant plus d’un millénaire, A cessé toute activité physique et compétitive ? Quid de dar al-islam en général, et d’al-Maghreb al-Aksa en particulier ? Essai de genèse.
Rendons à César ce qui lui appartient. Le berceau du sport et des activités corporelles est indubitablement la Grèce antique avec ses Jeux Olympiques. Ce faisant, le sport est déjà pratiqué en Crète à l’époque minoenne, c’est-à-dire dix siècles avant notre ère. L’archéologie relève la pratique de la chasse et la pêche, des jeux avec des taureaux, des jeux de table, la course et la danse. Ce sont bien les Grecs qui vont donner au sport un visage pérenne en le communiquant aux Romains et, du coup, à tout le pourtour méditerranéen. Cela ne signifie pas pour autant que les activités physiques sont absentes dans les autres civilisations antiques appartenant à d’autres sphères culturelles. Les égyptiens par exemple. C’est surtout sous les dynasties pharaoniques que les différentes couches sociales vont s’adonner à des exercices du corps. L’exemple du roi Amenhotep III (XIVème siècle avant JC) pratiquant le canotage est célèbre. «Les deux couches de la société ont pratiqué divers jeux de table, de balle et de devinette afin de se récréer. Les pauvres et les riches poursuivaient un même but : le développement physique et l’amélioration des habiletés par la pratique du tir à l’arc, de la natation, de la course et des exercices physiques», indiquent les sociologues Jean-Claude Massicotte et Claude Lessard dans leur ouvrage collectif «Histoire du sport, de l’Antiquité au XIXème siècle» (1984). C’est bien évidemment sans négliger l’équitation fort appréciée dans toute l’Antiquité. Mais là, ce sport est essentiellement réservé aux couches supérieures de la société.
Par Farid Bahri
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