L’Oriental. Cette région limitrophe entre l’Algérie colonisée et l’Empire chérifien est la première à souffrir des incursions répétées de l’armée française. Sous couvert du droit de poursuite et de la défense de l’intégrité du territoire algérien conquis, les Français vont continuellement violer la souveraineté chérifienne. C’est alors sans compter sur la résistance des Beni Snassen qui ne l’entendent pas de cette oreille. Le tableau.
Avant de commencer. Un peu d’ethno-géographie s’impose. «Petite chaîne calcaire dans la région tellienne du Maroc oriental qui doit son nom à un groupe berbère zénète. Il s’agit d’un pli unique dissymétrique de calcaire dolomitique dont le noyau est constitué de schistes primaires. Il culmine à 1.535 m au Ras Fourhal», indique sobrement «l’Encyclopédie Berbère» (1991). Les Beni-Snassen ou Aït Iznassen attirent très tôt la curiosité des chercheurs français, comme le montre une thèse de doctorat, «Le Massif des Beni Snassen» soutenue par le Dr Maurice Boigey, médecin-major dans le service de santé de l’armée d’Afrique le 29 mars 1912, 24 heures avant la signature du Traité de Fès. Cette somme universitaire montre, s’il le fallait, l’intérêt et surtout la nécessité pour les autorités françaises de sonder et bien inventorier ce massif à proximité de la ville d’Oujda. Les raisons en sont, bien sûr, celles de l’occupation d’une altitude qui donne du fil à retordre à l’armée de conquête. Et pour sûr, les Beni-Snassen ne se sont jamais estimés vaincus, renaissant à chaque fois de leurs cendres. Les Beni Snassen vont faire parler d’eux très tôt dans leur confrontation aux Français. Il ne faut pas attendre la conquête de l’Empire chérifien pour qu’ils fassent la Une des rapports militaires et de la presse française. Dès 1842, ils sont déjà engagés aux côtés de l’émir algérien Abdelkader (1808-1883) dans sa lutte contre l’envahisseur gallican. Ils vont donner beaucoup de fil à retordre au général Marie-Alphonse Bedeau (1804-1863), annonçant déjà leur tactique, celle d’une pseudo-soumission aux Français pour reprendre quelques temps plus tard les fusils de la résistance.
Par Farid Bahri
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