«C’est aujourd’hui que la France prend les armes pour défendre son sol, son honneur, sa dignité, son avenir, et les nôtres, que nous devons être nous-mêmes fidèles aux principes de l’honneur de notre race, de notre histoire et de notre religion. À partir de ce jour et jusqu’à ce que l’étendard de la France et de ses alliés soit couronné de gloire, nous lui devons un concours sans réserve». Ces paroles sont celles du sultan Ben Youssef lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale en septembre 1939. Le texte est lu dans toutes les mosquées du royaume et il est accompagné d’une mobilisation sans précédent. D’abord en hommes puisque près de 90.000 soldats marocains sont envoyés au front, puis aussi en ressources. Le blé, essentiellement, est réservé pour la métropole tandis que la population locale est tenue à des restrictions. Du côté de la Résidence Générale, la mobilisation est de rigueur. D’autant que le Résident, Charles Noguès, est militaire. Ce général est promu, en 1939, commandant en chef des forces françaises en Afrique du Nord. Il jouit d’une grande expérience militaire et d’un grand prestige. Sa relation avec Ben Youssef est cordiale et il parvient à maintenir une paix relative au Maroc depuis les dernières agitations nationalistes de 1937…







































