Détrompons-nous : le Ragued, n’est pas une simple légende sociale ou un héritage des temps anciens, mais un concept qui a été codifié par tous les grands foqahas de l’Islam, notamment les quatre grands Imams qui ont façonné les principales écoles juridiques actuelles de la religion : le malikisme, le hanbalisme, le chafiisme et le hanafisme. Un concept dont découle aussi des règles juridiques, qui nous gouvernent jusqu’à aujourd’hui et qui font loi devant les juges de la famille. Ces quatre grands imams, qui ont vécu entre le IIème et le IIIème siècle de l’hégire, reconnaissent tous le Ragued comme un phénomène naturel, et l’enfant endormi comme un enfant légitime. Ce qui au regard de la science est totalement et logiquement «irrecevable». Et, contrairement à ce que l’on pourrait croire, au Maroc, pays qui est régi par la doctrine Malikite, le Ragued existe non seulement dans l’imaginaire populaire, mais aussi dans les textes juridiques qui régissent le droit de la famille.
Avant la réforme de la Moudawana au début des années 2000, on considérait qu’un enfant pouvait vivre jusqu’à 3 ans dans le ventre de sa mère. Et jusqu’à cette réforme, si un père s’absentait pendant deux ans, et trouvait sa femme enceinte à son retour, il ne pouvait pas juridiquement contester la paternité de l’enfant. Car le juge pouvait estimer que cet enfant était juste «Ragued», endormi…







































