Il y a bien sûr un arrière-goût mitigé de la dernière coupe africaine, d’une sessionimpeccablement organisée, mais qui, pour nous Marocains, ne s’est pas soldée par la consécration d’une coupe à portée de main, et qui nous a échappé in extremis. Mais le jeu est le jeu, il faut souscrire à ses règles et être fair play. La règle d’or de cemagique sport qu’est le footballest le fair play, et quand on l’enfreint, il perd de sa magie. Cette règle a été mise à mal après les éliminatoires, quand d’aucuns imputaient la défaite de leurs équipes à une main invisible qui aurait tout manigancé, ou à un complot savamment ourdi.
Le surréalisme le dispute à la bêtise et au ridicule. Et c’est pour cela que notre équipe, malgré sa défaite en finale, sort grandie. Notre sélection n’a pas démérité, autant que le staff technique. Hommage à tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette Coupe, de quelque acabit qu’ils soient, à tous les niveaux, grands, petits… Chapeau bas.
Quelques réflexions «sous-développées» s’imposent. Peut-être que si, au niveau de la CAF, on ne veut plus souscrire aux règles de base de ce sport magique, dont le fair play, autant mettre fin à cette compétition. Si on y tient toujours, point de laxisme sur la philosophie du jeu : l’éthique et le fair play s’imposent. La CAF doit certainement réfléchir sur cette dérive qui devient contre-productive. Ce qui est censé être une kermesse, devient un exutoire de haine et de mensonges. Pour paraphraser Clémenceau, qui disait que la guerre est une affaire trop sérieuse pour la confier aux militaires seuls, le football est une affaire trop sérieuse pour être l’apanage des clubs et des fédérations. Une pointe de moralité, voire de philosophie, est nécessaire dans ce jeu qui dégage la joie, et qui ne saurait être travesti pour devenir un vecteur de haine et de dissension.
La colère des supporters marocains contre cette dérive est légitime, mais il ne faut pas en être prisonnier. Cela a été superbement mis en exergue en haut lieu, pour rappeler que rien ne devrait intenter au pérenne : notre africanité. Nous ne la devons à personne, car elle est en nous. Les orientations, les axes, les programmes, vis-à-vis des peuples africains, ne devraient être altérés. Mais le style devrait changer. Aucun mal à parler le langage en vogue : pragmatisme et utilitarisme. Ne léser personne, n’intenter à personne, mais ne privilégier aucun.
L’amer arrière goût suite à ceux qui jubilaient pour la défaite de l’équipe nationale en finale, devrait nous servir d’aiguillon, pour être meilleurs, dans tous les domaines. Aucune voie ne devrait être écartée pour caresser le ciel. Et cela est tributaire de l’orientation stratégique que notre pays a tracée, et on ne peut qu’être confortés dans ces choix, vu « l’amour » que les « frères » nous vouent. Les voies qui devraient étayer ces choix doivent être renforcées, dont l’éducation, le moule qui devrait confectionner un Marocain Novo.
Nul besoin de s’abaisser à l’invective, aux jérémiades et aux insultes. Parler peu et agir en conséquence. Ceux qui nous attendaient au tournant, ne doivent pas désarmer, et la vigilance devrait être de mise. Il est nécessaire de renforcer le front intérieur.On aurait été comptables si la CAN avait été un fiasco, ce qui n’est pas le cas. Le reste se gère, la tête froide. Et vogue la galère.
Par Hassan Aourid, conseiller scientifique de Zamane









































