Le 5 décembre 1953, le leader syndicaliste tunisien Ferhat Hached est assassiné pour son militantisme anticolonial. Si l’indignation est attendue en Tunisie, nul ne prévoit l’ampleur de la colère au Maroc. Pourtant, le résultat est là : un meurtre commis à 2000 kilomètres du royaume va réellement enflammer la rue marocaine…
Au Maroc, c’est donc la consternation au sein du mouvement national, spécialement chez les travailleurs syndiqués. Les premiers à se mobiliser sont les dockers du port de Casablanca. Dans la matinée du 7 décembre, ils s’organisent pour décider de l’action à mener. L’ambiance est tendue. Le soir même, après avoir décidé de mener une grève le lendemain, largement approuvée par l’ensemble du mouvement national, les travailleurs rentrent aux Carrières Centrales, bidonville habité par la plupart d’entre eux. Ils sont suivis par une police échaudée par son chef, le préfet Pascal Boniface, un colonialiste patenté et partisan de la répression. Les heurts sont désormais inévitables. Le lendemain, les émeutes embrasent les Carrières Centrales dont le commissariat est attaqué. En riposte, les forces de l’ordre et même une partie de la population civile européenne se livrent à une véritable chasse à l’homme. Durant 48 heures encore, le Maroc vit l’un des plus graves épisodes de son histoire. Huit mois plus tard, la déposition du sultan accentue l’impasse dans laquelle se trouve la Résidence Générale. Et l’indépendance survient quasiment en même temps que celle de la Tunisie…









































