Après la Première guerre mondiale, les colons français sont vivement encouragés à cultiver du blé pour les besoins de la métropole. Mais, après quelques années, les autorités du Protectorat concluent que le Maroc ne peut être qu’un pays marginal pour la production de céréales. En cause, son climat sec le rend très vulnérable à la sécheresse et des rendements faibles. Avec des coûts de production supérieurs, le blé marocain n’avait aucune chance de se faire une place sur le marché français. Quand, en pleine crise de 1929, la France impose des barrières douanières aux exportations marocaines, un quart des colons français font faillite. Il était clair que l’agriculture marocaine avait besoin d’une autre vision, qu’on allait chercher dans le fameux succès de l’expérience californienne. Le modèle californien est finalement introduit au Maroc en 1928. Cette année-là, l’attaché commercial français à San Francisco passe en revue «les grandes analogies» entre la Californie et le Maroc, soulignant que le royaume chérifien a l’avantage de la proximité des marchés européens, en plus d’une main d’œuvre bon marché. Le royaume pouvait profiter, au passage, des vastes campagnes publicitaires des producteurs californiens, surtout s’il adoptait leurs variétés d’oranges et de clémentines…









































