La tente, comme habitation et comme symbole social, a joué un rôle très important dans l’histoire du Maroc. Jusqu’à l’établissement du protectorat, une bonne partie des Marocains vivaient en effet sous la tente. Toute l’année, donc, principalement dans les régions de nomadisme comme au Sud et au Sud-Est. Ou alors, pendant une partie de l’année, dans les zones de transhumance (‘Azib) comme les plaines atlantiques et le Deir. Ce rôle social considérable a fait de la tente la métaphore et l’incarnation de la famille. La tente est même restée le moyen dominant de logement dans le sud marocain jusqu’aux premières années de l’indépendance. Certaines familles, notamment aisées, disposent jusqu’à aujourd’hui également d’une tente dressée dans l’enclos familial, ou à l’intérieur des murs d’une villa somptueuse dans des villes du Sud. Pas toujours pour des raisons pratiques mais par nostalgie. Et par amour pour la vie bédouine. Des familles d’origine nomade, mais qui vivent en ville, gardent précieusement une tente pliée (M’karsa). Elle est, de temps en temps utilisée pour aller pique-niquer loin de la ville. Notamment lorsque, à la suite de quelques jours de pluie, le désert se couvre rapidement d’un tapis vert parsemé de petites fleurs…









































