Les moussems sont des rassemblements périodiques, souvent liés au pèlerinage sur la tombe d’un saint patron local. Ils révèlent plusieurs couches de l’âme marocaine. Héritiers des foires amazighes préislamiques, ils ont été islamisés progressivement sans perdre leur substrat animiste. On y devine le pays profond, le Maroc ancien, avec ses caravanes sahariennes, ses alliances tribales, ses marchés saisonniers, ses confréries religieuses et ses rites de fécondité. Certains moussems remontent à des siècles, perpétuant des pactes entre tribus que nul document écrit ne conserve mieux qu’eux. Ils sont aussi des lieux de mémoire où se croisent le sacré et le profane, la spiritualité, le commerce, les réjouissances populaires et les solidarités communautaires. Le dossier du mois vous emmène dans un voyage inédit à travers les contrées de ce Maroc soi-disant «inutile», pourtant riche de ses traditions ancestrales, avec ses codes et ses trésors cachés : comme la tradition des moussems de femmes dans le Souss, les fêtes pastorales du Haut Atlas, les grands rassemblements équestres, les anciennes foires caravanières ou encore les pratiques populaires qui continuent de rythmer la vie de nombreuses régions. Autant de coutumes qui ont résisté à l’épreuve du temps, aux mutations sociales et à l’assaut de la modernité, et qui continuent de façonner les identités locales.
Par la rédaction


































