Eh oui. Avant les records de Saïd Aouita, avant l’or de Nawal El Moutawakil, il y a eu un coureur de fond dont le nom reste moins connu du grand public : Abdeslam Radi. Né en 1929 à Ksar es-Souk, l’actuelle Errachidia, c’est lui qui, le premier, a hissé le Maroc sur un podium olympique. L’exploit se produit à Rome, en 1960, quatre ans à peine après l’indépendance. Le pays ne dispose alors ni de centres d’entraînement structurés, ni de moyens comparables à ceux des grandes nations sportives. Radi s’aligne sur le marathon et termine juste derrière l’Éthiopien Abebe Bikila, vainqueur légendaire de l’épreuve pieds nus dans les rues de Rome. Cette deuxième place vaut à Radi la médaille d’argent, et au Maroc sa toute première médaille olympique, tous sports et toutes couleurs confondus. Il avait déjà, deux ans plus tôt, marqué les esprits en cross-country : en 1958, il devient le premier athlète africain sacré champion du monde individuel de la discipline. Le pays doit ensuite patienter 24 longues années avant de renouer avec les podiums, lors des Jeux de Los Angeles en 1984, où SaÏd Aouita et Nawal El Moutawakil décrochent les deux premières médailles d’or marocaines de l’histoire. Radi s’éteint en 2000, à l’âge de 71 ans. Il reste une figure pionnière, souvent éclipsée par les champions qui ont suivi, mais sans qui cette histoire olympique marocaine n’aurait tout simplement pas commencé.









































