Aux Habous, le livre appartient à l’histoire du quartier autant qu’à son quotidien. C’est dans ce cadre que le Palais du Méchouar, à Casablanca, a accueilli la deuxième édition du Festival de la rentrée littéraire du groupe Le Matin. Inaugurée le 30 octobre, puis ouverte au public les 31 octobre et 1er novembre, la manifestation avait choisi pour thème « Le livre au cœur de la ville ». Une invitation à rapprocher écrivains, éditeurs, libraires et lecteurs, mais aussi à interroger la place de la lecture dans l’espace urbain.
La nouveauté de cette édition résidait dans la première remise du Prix littéraire Le Matin, décliné en trois langues. Jamal Saïdi a été récompensé pour « Wa yaati al-hassad », en arabe, Abdelouahid Hannou pour « Itanya », en amazigh, et Mimoun Hillali pour « L’Écume des dunes », en français. Ce dernier roman entraîne le lecteur au XIXe siècle, sur la route d’une caravane reliant Fès à Tombouctou. Trois distinctions qui donnent à voir la diversité des imaginaires et des expressions de la littérature marocaine.
À cette reconnaissance des œuvres contemporaines répondait un hommage à Driss Chraïbi, dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance. À cette occasion, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger a réédité, avec les éditions Le Fennec, un coffret réunissant sept de ses romans. Un geste de transmission pour remettre à portée des lecteurs une œuvre qui continue d’interroger la société marocaine.
Tables rondes, dédicaces, ateliers d’écriture, lectures et activités pour les enfants ont complété le programme. Une exposition de cartes postales anciennes retraçait également l’histoire des Habous, inscrivant le rendez-vous dans la mémoire du lieu. Au-delà des prix et des rencontres, le festival défend ainsi une ambition : faire de la littérature une pratique partagée et donner au livre une place durable dans la vie de la cité. Une ambition qui se jouera aussi dans la continuité des liens noués pendant ces journées.






































