Pour comprendre d’où viennent les Marocains, il faut aussi comprendre l’origine du mot Maroc. Et si la terre, le pays et les peuples qui ont habité le Maroc sont (très) anciens, l’appellation l’est beaucoup moins.
Connu comme Maurétanie, Marrakech, Al Gharb, Fès, ou encore Empire chérifien, le royaume ne s’appelle Maroc que depuis (relativement) peu. C’est l’histoire d’une appellation qui a tardé à venir, passant par plusieurs dérivés. Aujourd’hui encore, en Iran, le mot Maroc est souvent remplacé par celui de Marrakech. Alors qu’en Turquie, l’usage veut que le Maroc soit associé au nom de Fès, en référence à l’ancienne capitale du royaume. Marrakech et Fès ne sont en réalité que deux des nombreuses appellations qu’a connues le Maroc au cours des siècles passés. À une époque lointaine, désigner un territoire n’est pas une formalité. Avant l’apparition du concept d’état-nation, de la délimitation claire des frontières dans le cadre d’une définition moderne d’un pays, le nom d’un territoire varie dans l’espace et dans le temps. Ainsi, il n’existait pas, comme aujourd’hui, une dénomination immuable d’un territoire. Le nom dépend de ceux qui l’utilisent en premier. Les habitants du Maroc ne désignent pas leur propre terre comme le feraient les Phéniciens ou les Grecs. Ces derniers sont probablement les premiers à donner un nom à cette extrémité du «monde connu».
L’historien grec Polybe (IIème siècle avant J.C) évoque les Marousiens comme étant le peuple voisin de l’océan Atlantique au nord de l’Afrique. Une description qui conduit l’anthropologue français du XIXème siècle, Adolphe Bloch, à considérer que «c’est donc le nord du Maroc actuel, qui représentait, tout au début, le seul et véritable pays des Anciens Maures, et ce n’est que postérieurement que ce nom de peuple s’étendit abusivement aux autres indigènes de l’Afrique septentrionale».
Par Younes Mesoudi
L’article complet de Zamane N°188 est disponible en version papier (boutique) ou en version digitale



































