Si le récit national a choisi de fixer l’arrivée des Idrissides comme point de départ de l’historiographie officielle, l’acte de naissance de l’actuel Maroc remonte bien plus loin. Avant les dynasties islamiques, il y a les Amazighs, présents sur cette terre depuis la préhistoire, dont la langue, les tribus et les royaumes (celui des Maures, de Bocchus à Juba II et Ptolémée) forment le socle de tout ce qui suivra. Dès le premier millénaire avant notre ère, les Phéniciens puis les Carthaginois fondent des comptoirs sur le littoral, et nouent les premiers échanges avec la Méditerranée. Rome prend le relais en 42, mais sa présence reste mince et circonscrite au triangle Tanger, Sala, Volubilis : une romanisation par couches discrètes, que les élites amazighes adoptent sans jamais s’y dissoudre. Les communautés juives, installées très tôt et gagnant même certaines tribus à leur foi, ajoutent une autre strate à cette mosaïque. Quand l’islam arrive à la fin du VIIème siècle, il ne s’implante donc pas sur une page blanche, mais sur un palimpseste où se superposent héritages africains, puniques, latins et hébraïques. Zamane remonte donc le fil de cette longue et passionnante histoire avec, en filigrane, cette question lancinante : «Mais d’où viennent les Marocains ?». Bon voyage et bonne lecture.
Pour commencer, pleins phares sur la préhistoire et les sources écrites qui immortalisent la pensée des hommes. Pour ce faire, les préhistoriens s’appuient sur une pléthore de matériel et matériaux, tels les outils de pierre (silex) ou en os (ustensile du quotidien), ainsi que des traces d’habitats, des fossiles humains et animaliers, en plus de l’art pariétal, etc. On s’en doute : plus la science avance, plus les analyses se font approfondies et méticuleuses. Au milieu de tout cela, le Maroc semble un terrain bien fertile, avec des révélations qui n’en finissent pas. Tout récemment encore, à Oued Beht, dans la province de Khémisset, un site préhistorique datant de l’âge du bronze a été mis à jour. Autre découverte majeure: celle de Jebel Irhoud. Des hominidés vieux de plus de 700.000 ans venus bouleverser la lignée de l’Homo sapiens, la seule race humaine ayant survécu à l’évolution des espèces. L’annonce est faite tambour battant dans la prestigieuse et très sérieuse revue britannique «Nature» de janvier 2026. «Des restes humains fossiles mis au jour dans la Grotte à Hominidés, à Casablanca, apportent un éclairage sur les origines de notre espèce, Homo sapiens. Ces restes, analysés par une équipe de recherche internationale impliquant le Muséum, offrent de nouvelles données sur une période clé de l’évolution humaine, il y a 773.000 ans», peut-on lire, par exemple, sur le site du MNHN (Muséum national d’histoire naturelle). On l’a compris, notre origine est en train de s’écrire sous nos yeux au fur et à mesure de la densité des découvertes aux quatre coins de notre pays.
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