Le Maroc des années 1960 et 1970 renaît à Marrakech sous l’objectif du docteur Boris Witjas. Présentée du 12 juin au 31 décembre 2026 à l’espace Marrakesh-Timbuktu, dans la médina de Marrakech, cette exposition réunit 65 photographies inédites réalisées par ce médecin d’origine ukrainienne qui exerça au Maroc entre 1959 et 1986.
Arrivé peu après l’indépendance, Boris Witjas sillonne pendant près de trois décennies le Sud marocain, de l’Anti-Atlas aux portes du Sahara. Médecin à Tafraout, Taroudant puis Marrakech, il apprend le tachelhit et tisse des liens étroits avec les populations locales. Son appareil photo devient alors un précieux outil de mémoire.
Portraits amazighs, scènes de vie quotidienne, souks, fêtes, itinéraires nomades ou encore communautés juives berbères composent un témoignage rare sur un Maroc rural encore profondément enraciné dans ses traditions. À travers un regard à la fois humaniste et documentaire, Witjas saisit un monde en transition, à la veille des profondes mutations sociales et économiques qui transformeront le pays.
L’exposition rend également hommage à l’amitié qui liait Boris Witjas à Bert Flint, figure majeure de la sauvegarde du patrimoine marocain. Tous deux partageaient la même passion pour les cultures amazighes et les trésors du Maroc rural, qu’ils contribuèrent à faire connaître bien avant qu’ils ne suscitent l’intérêt des chercheurs et des institutions.
Plus qu’une simple exposition photographique, cette rétrospective constitue une plongée dans un Maroc aujourd’hui largement disparu, dont les visages, les gestes et les paysages continuent pourtant d’habiter la mémoire collective.






































