Il a brillé dans les rangs de l’armée française, ensuite marocaine. Ce militaire hors-pair aura été, paradoxalement, un homme de paix ou presque, puisqu’il restera pour toujours, comme le soulignera le journal «Le Monde», «un militaire non violent» et un homme qui avait probablement davantage sa place «dans une mosquée que sur un champ de bataille, et dans un patio de Fès que sur un escarpement du Moyen-Atlas».
Le palais royal de Rabat, le jour de l’Aïd Al-Adha, 1965. En tenue d’apparat à la tête des officiers supérieurs des Forces armées royales, le général Benhamou Kettani est à l’honneur. Le pas hésitant, lui l’habitué aux grandes cérémonies, avance pour saluer le roi comme le veut la tradition. Alors qu’il est à quelques mètres, il s’effondre, foudroyé par une crise cardiaque. Les médecins présents accourent, vainement. Le général est déclaré mort. Il avait 56 ans. Le matin, il avait participé à la prière à la Msallat de Rabat. À aucun moment il n’avait montré un signe de fatigue et de malaise, ni quitté le cortège officiel. Sportif-né, homme d’action, sa mort est une surprise. Au moment de son décès, il dirigeait le secrétariat général du Conseil supérieur marocain de défense, puis la maison royale militaire. Originaire de la région de Berrechid, on ne sait que peu d’éléments sur son parcours passé. Les notices biographiques tant françaises et marocaines n’y font guère allusion. Jeune lycéen, il intègre, en 1926, l’École militaire Dar Beida à Meknès, institution fondée par le général Lyautey, réservée aux fils de notables et agents du Makhzen. Dix ans plus tard, le général Noguès, nouveau résident général et disciple de Lyautey, l’intègre dans son cabinet militaire. Il y fait preuve d’assiduité et de discipline. La guerre déclarée, il est à la tête d’un tabor de goums marocains. Il participe à partir de positions avancées aux batailles de libération de la région d’Aubagne, puis aux opérations en Alsace. Il est parmi les premiers à franchir le Rhin, destination Berlin. Blessé à maintes reprises, il est cité plusieurs fois et décoré.
Par Mohammed Hatimi
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