Depuis sa parution il y a un peu plus de quatre ans, votre magazine Zamane a remonté, en votre compagnie, un siècle de l’histoire contemporaine du Maroc, pour ne s’en tenir qu’à cette tranche de temps. Du Protectorat et les conditions d’installation, à hier et avant hier, avec leur charge évènementielle, en passant par l’Indépendance et ses promesses improbables, ce sont des époques qui s’emboîtent à la recherche d’une cohérence pas toujours visible. Les hommes qui les animent y ont laissé leurs marques, tantôt dans le sens de l’histoire, tantôt à contre-courant. Un voyage mouvementé, tourmenté, plutôt qu’un long fleuve tranquille.
Chaque arrêt sur image d’un personnage, d’un événement et d’un contexte offre une palette d’enseignements sur une période plus ou moins révolue, un faisceau de lumière sur un présent se faisant. Nous avons ainsi été au chevet d’un Maroc malade, au début du siècle dernier. Deux prétendants, Moulay Abdelaziz et Moulay Abdelhafid, à un trône en ballotage précolonial. Un makhzen dénudé derrière une feuille de vigne pour uniques oripeaux. Le contraste est grand avec un Maroc profond qui puise dans ses ressources tribales pour s’opposer à la pénétration coloniale pendant trente-six ans (1903-1936), sur toute la ligne de crête du Rif et de l’Atlas, les oasis et les méandres du Sahara. Nous nous sommes également arrêtés sur la résistance urbaine et ses figures emblématiques. De même que nous nous sommes interrogés sur la nature de ce vaste front national et les circonstances de sa dislocation sur le ressac d’une indépendance qui semble arriver plus tôt que prévu. La mise à l’épreuve des enjeux et des intérêts en gestation était plus forte.
Nous avons ainsi passé en revue l’apparence et la réalité du pouvoir de deux rois, Mohammed V et Hassan II. L’émergence d’une variété typologique d’oppositions différenciées par leur référentiel idéologique, leurs objectifs et les moyens, au fil des générations et au gré des contextes.
Les projets de complots civils et les tentatives de coups d’État militaires. La terrible vague de répressions qui s’en est suivie, nourrissant, autant de peur que de radicalisation, durant la longue nuit des « années de plomb ».
Le dégel politique accompagné d’une alternance exécutive sous une liberté d’exercice conditionnelle.
Le Best of 2014 que nous vous proposons cette année traite de tous ces sujets, à partir d’un choix que nous espérons justifié et pertinent, fondé sur des faits avérés et les analyses de journalistes et d’historiens confirmés.
Très bonne lecture et très bonnes fêtes de fin d’année.
YOUSSEF CHMIROU DIRECTEUR DE LA PUBLICATION & DE LA RÉDACTION






































