Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, l’Empire chérifien, fraîchement occupé, se retrouve malgré lui entraîné dans cette sordide aventure. Il est contraint d’y participer, corps et âme. Pendant quatre ans, Paris en fait une base arrière de son effort de guerre, au point d’y envoyer des prisonniers allemands. Retour sur un épisode épineux, qui continue d’être enveloppé de mystères.
Il subsiste une trace mémorielle allemande à Casablanca. On la retrouve à l’est de la métropole, au cimetière de Ben M’Sick où, aux côtés des juifs, des chrétiens et des tirailleurs sénégalais, un carré est dédié aux sépultures allemandes. Une centaine de noms germaniques y sont gravés sur les tombes : ceux de soldats allemands de la Grande Guerre morts en captivité au Maroc.
Retour en arrière. Les relations entre l’Allemagne et l’Empire chérifien ne datent pas d’hier. C’est au tournant des années 1880, lorsque l’économie allemande prend son essor au point d’envisager des territoires d’outre-mer, que Berlin jette son dévolu sur le royaume alaouite. Ce n’est pas tout: son inimitié viscérale envers la France la pousse aussi à venir titiller sa rivale sur ses terrains de jeu coloniaux.
Plusieurs affaires germano-marocaines feront ainsi la une de la presse internationale. On peut citer, à titre d’exemple, celle de 1905, lorsque le kaiser Guillaume II débarque à Tanger. Trois ans plus tard, c’est l’affaire des déserteurs de Casablanca, dans laquelle des agents consulaires exfiltrent des légionnaires. Enfin, il y a la crise d’Agadir en 1911, lorsqu’une canonnière allemande vient mouiller au large du port dans une démonstration de force. Dans tous les cas, cette présence germanique sur le sol chérifien ne se lit qu’à travers le prisme de la France.
Par Farid Bahri
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