Eh non, l’exil du leader de l’Istiqlal a devancé celui de la famille royale. Seize longues années séparent les deux événements. Entre 1937 et 1946, Allal El Fassi fut en effet déporté au Gabon. Comment et pourquoi ? En août 1937, le jeune zaïm de 27 ans s’insurge contre le partage de la Palestine et pousse ses partisans à en faire de même. Le 2 septembre, il récidive à Meknès. Et le 1er octobre, devant une foule de plusieurs centaines de personnes, il a clamé que les Marocains doivent être prêts à accepter «une mort glorieuse en défendant leur pays». Même si cet engagement nationaliste ne concernait qu’un groupe réduit issu de la petite classe moyenne, urbaine et commerçante, les autorités françaises décidèrent d’en finir une bonne fois pour toutes avec cet «agitateur» qui avait déjà organisé, quelques années plus tôt, des rassemblements contre le dahir berbère, avant d’être à l’origine, avec Mohamed Ben Hassan Ouazzani et Ahmed Balafrej, de la fondation du Comité d’action marocain (CAM). Le 25 octobre 1937, le jeune Allal est arrêté à Fès pour être, une semaine plus tard, frappé d’une mesure de bannissement décidée par les Français mais exécutée par le gouvernement chérifien. Le résident général, le général Charles Noguès, choisit de l’exiler aussi loin que possible du Maroc, dans un lieu où il ne lui serait plus possible d’exercer une quelconque influence sur ses partisans. Ça sera le Gabon….









































