Les relations entre al-Maghreb al-Aqsa et les peuplades subsahariennes sont pratiquement immémoriales. En témoigne les interminables caravanes transsahariennes qui ont inlassablement sillonné l’immensité désertique depuis l’aube de l’Antiquité jusqu’à tard dans le XIXème siècle. Qui dit relation dit échanges bilatéraux. C’est ainsi que des centaines de Sénégalais ont pris le chemin du Maroc pour y élire domicile. Cartographie d’une migration pas comme les autres.
D’aucun n’ignore la fulgurante expansion de la dynastie almoravide au XIème siècle de notre ère. L’empire almoravide, du Sud au Nord, va indubitablement s’étirer du fleuve Sénégal au fleuve Tage dans Al-Andalus. «Abou Bekr poursuit la conquête du royaume de Ghana et soumet en 1076 les régions du Sénégal et du Niger occidental dont les ressources aurifères permettront aux Almoravides de frapper leurs marabotins, pièces qui feront prime sur tous les marchés de l’Occident, y compris en Europe», indique l’historien et politologue Robert Rézette dans «Le Sahara occidental et les frontières marocaines» (Nouvelles éditions latines, 1975). À ce titre, l’échange s’effectuera essentiellement autour de deux pôles ; celui du négoce et celui de la spiritualité. Au XIXème siècle, avec la mise en place d’un empire français en Afrique subdivisé en trois grands sous-ensembles à savoir l’AOF (Afrique occidentale française), l’AEF (Afrique équatoriale française) et l’AFN (Afrique française du nord), cet espace va inexorablement s’unifier sous l’égide de Paris. C’est dans ce cadre-ci que l’on va constater une plus importante interactivité au XIXème siècle entre l’Empire chérifien et le Sénégal. Désormais et à partir de ce moment, le Sénégal est intégré dans l’espace commercial et religieux du Maghreb.
Par Farid Bahri
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