Une excellente piqûre de rappel pour lever un peu le voile obscurantiste qui plane en ce moment. Non, les femmes ne sont pas privées de sacralité dans l’Histoire du Maroc, surtout lorsqu’il s’agit d’adversité politique. Le plus bel exemple est celui de Lalla Massouda, mère du puissant sultan saâdien Ahmed El Mansour (1578-1603). A l’ère de l’instauration du chérifisme marocain, tous les moyens sont bons pour se démarquer des Ottomans. Jugés par la dynastie saâdienne comme n’étant pas des descendants du prophète, les Turcs ne sont donc pas assez dignes du califat qu’ils ont instauré presque partout dans le monde arabo-musulman. Le sultan marocain le fait savoir en s’élevant comme un cherif et en promulguant sa génitrice Oum El Mouminine (Mère des croyants). Lalla Massouda est également surnommée El Hourra (la libre), signe que, même son statut social se distingue de la norme. Les deux pseudonymes sont également des piques adressées à la mère du sultan ottoman Mehmet III (1595-1603), appelée la Mère des sultans. Et pourtant, bien qu’exerçant une réelle autorité politique, cette femme n’était pas considérée comme légitime par les Marocains. Plus que son statut de femme et de mère, c’était, cette fois-ci son origine vénitienne qui lui a porté préjudice.








































