Fondateur des parachutistes marocains, héros miraculé de la tentative de coup d’État de 1971, sauveur de deux crises zaïroises, le général Loubaris incarne l’officier d’élite qui a marqué près de cinq décennies de l’histoire militaire marocaine. Ses exploits, de Skhirat au Shaba, font de lui une figure légendaire des FAR et du panache militaire au service de la couronne.
Abdelkader Ben Abdellatif Ben Abderrahmane Loubaris naît le 24 mai 1932 au sein d’une vieille famille andalouse de Rabat. La maison «Olivares», désormais connue sous le nom de «Loubaris», appartient à cette vague de familles morisques qui se sont établies à Rabat après leur expulsion d’Espagne par Philippe III en 1609. Parmi ses illustres ancêtres, des raïs réputés et des capitaines de navires ayant servi le sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah. Le prénom du général rend hommage à son parent Abdelkader Loubaris, poète tijani, disparu en 1914. Dès son enfance, le jeune Abdelkader fait preuve d’une vivacité d’esprit remarquable. Il reçoit son instruction au Collège Moulay Youssef avant de poursuivre sa formation militaire en France et principalement à l’École militaire de Dar el-Beida à Meknès, le «Saint-Cyr marocain», dont il sort en 1952. Ses débuts dans la carrière militaire le conduisent à s’engager dans l’armée française, au sein du 18ème Régiment de chasseurs parachutistes (RCP), qui opère en Algérie française. À l’indépendance du Maroc, il rejoint les Forces Armées Royales nouvellement constituées. Il est alors le seul officier marocain breveté parachutiste. Le 14 mai 1957, il consacre l’établissement officiel des unités aéroportées marocaines. Une cérémonie solennelle se déroule au camp Garnier à Rabat, pour commémorer le premier anniversaire de la fondation des FAR. À cette occasion, le sultan Mohammed V remet le fanion des premiers chasseurs parachutistes marocains, placés sous le commandement du jeune lieutenant Loubaris. Ce dernier oriente les futurs cadres parachutistes marocains vers une formation approfondie auprès de la Compagnie d’Instruction du 18ème RCP, basée à Pau, au camp d’Idron, qui bénéficie de l’infrastructure de l’École des Troupes Aéroportées (ETAP). Son attachement à la France se concrétisera dans sa vie personnelle par son mariage avec une Paloise.
Par Ismael Zniber
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