Longtemps oublié dans nos contrées musulmanes, Ibn Tofaïl sera (re)découvert par les Européens dès le XVIIème siècle, à travers des traductions faites dans toutes les langues : hébreu, latin, anglais, néerlandais, allemand, français… son œuvre majeure, «Hay Ibn Yaqzan». Il continue d’ailleurs d’être édité, et est disponible aujourd’hui en livre de poche. Le livre inspirera des histoires célèbres comme Robinson Crusoé, Tarzan ou le «Livre de la Jungle», et aura aussi une grande influence sur des penseurs comme Rousseau, Voltaire, Locke, Spinoza ou encore Leibniz. Mais tous ne le citent pas dans leurs travaux… On sait par exemple que la traduction en néerlandais de «Hay» a été faite dans le cercle de Spinoza, par un de ses proches amis. Rousseau ne parle pas non plus d’Ibn Tofaïl, mais tout le monde, y compris parmi ses contemporains, le compare au philosophe andalou. Seul Leibniz cite réellement Ibn Tofaïl et de manière élogieuse. Voltaire le cite aussi, mais de manière négative, pour une raison que l’on ignore, car il n’a pas détaillé ce qu’il reprochait au grand philosophe arabe…
En Occident, l’héritage d’Ibn Tofaïl a donc bien été exploité et perpétué, directement ou indirectement. Il continue de susciter de l’intérêt, voire même une certaine fascination jusqu’à aujourd’hui. Preuve par les rééditions régulières de son livre et la quantité d’études réalisées sur sa pensée. Mais au Maghreb et dans le monde arabe, le philosophe est oublié, sa pensée enterrée et son œuvre pas (ou peu) connue…





































