L’argent n’est pas qu’une monnaie ou juste un moyen de transaction commerciale. Il est aussi un signe, et du coup un témoin de l’histoire, un enjeu du pouvoir, voire un attribut de souveraineté.
C‘est à partir des Idrissides qu’on peut parler de souveraineté monétaire, laquelle remplace l’usage de la monnaie romaine en vigueur avant l’avènement de l’islam. Dans le musée de Bank Al-Maghrib se trouve une pièce qui remonte au deuxième émir idrisside, avec en effigie une référence à Ali Ibn Abou Talib (le gendre du Prophète). Il s’agit du dirham idrisside, qui était en argent. Après la chute des Idrissides, il y eut la frappe du dinar en or portant l’effigie du calife de Cordoue. Sijilmassa était le lieu de frappe pendant cette période. Le dinar frappé à Sijilmassa était en usage jusqu’en Égypte. L’essor de Sijilmassa et son statut de lieu de frappe s’expliquent par le contrôle des voies sahariennes et le commerce de l’or. Il était connu que les Berghouatas utilisaient la monnaie idrisside, mais on a trouvé une pièce de monnaie qui réfère aux Berghouatas, avec en effigie l’un de leurs princes, en caractères arabes. La pièce, en or, se trouve dans un musée en Espagne.
Pour la suite des séquences historiques, nous sommes mieux édifiés sur les dynasties almoravides et almohades pour ce qui a trait à l’histoire monétaire du Maroc. La monnaie almoravide opta ainsi pour le dinar, frappé en différents lieux du Maroc : Aghmat, Salé, Asilah. Il était si fort apprécié qu’il était en usage dans la péninsule ibérique et au-delà, dans l’Égypte fatimide, dépourvue d’accès aux mines d’or. Le dinar morabiti fut déprécié par la suite, ce qui donna le terme «maravédis», équivalent d’un sou.
Par Hassan Aourid
L’article complet de Zamane N°189 est disponible en version papier (boutique) ou en version digitale






































