Une équipe internationale d’archéologues vient de mettre au jour, sur le site d’Oued Beht, dans la province de Khémisset, le plus vieux système défensif connu en Afrique en dehors de la vallée du Nil.
Daté de 3.500 à 4.000 ans, le site révèle une occupation continue sur près de trois millénaires, d’un village agricole néolithique ouvert et paisible à une communauté repliée derrière un fossé et une muraille de terre de six mètres, construite face à la menace des groupes voisins. Cette fortification serait née d’un bouleversement : l’apparition de la métallurgie, vers 2.400 avant notre ère, qui a suscité des convoitises autour des gisements de cuivre et transformé des sociétés jusque-là égalitaires. Les fouilles, menées depuis 2005, ont aussi mis au jour plusieurs milliers de haches polies, preuve d’une production tournée vers le commerce, jusqu’en Espagne. Cette découverte s’ajoute à une série de résultats qui replacent le Maroc au cœur de la préhistoire mondiale. Une étude récente a conforté l’idée que les fossiles d’Homo sapiens de Jebel Irhoud, vieux d’environ 300.000 ans, comptent parmi les plus anciens représentants connus de notre espèce. Plus près de nous, la carrière casablancaise Thomas I continue elle aussi de livrer des indices sur les premières occupations humaines de la région. Autant de chantiers qui, selon le professeur Youssef Bokbot, archéologue à la renommée internationale, invalident l’idée reçue de populations nord-africaines incapables d’innover sans apport extérieur.







































