Édifice centenaire du centre-ville casablancais, prouesse architecturale dans la lignée avant-gardiste des bâtiments art déco de la métropole, le marché central est un passage obligé dans le parcours historique et touristique de la ville blanche. Zamane vous raconte son histoire et ses vies antérieures.
Hier comme aujourd’hui, un mot résume tout: atmosphère. Le Marché Central respire la vie, le tumulte, le mélange. La proximité du port et de la médina en fait un carrefour humain où se croisent dockers, cadres, ménagères, touristes et retraités venus humer un parfum d’autrefois. Aux heures de pointe, c’est une marée de voix, de couleurs, d’odeurs – une effervescence que les Casablancais connaissent par cœur. Les poissonniers interpellent à la criée, les clients négocient à la volée, les cris se mêlent au fracas du métal et des glacières. Tout semble appartenir à une époque qui refuse de disparaître. Les anciens commerçants du marché sont les gardiens de ce passé. Ils évoquent avec une émotion pudique la vie d’autrefois, quand le lieu vibrait au rythme d’un Casablanca cosmopolite. L’un d’eux montre du doigt «le maître fromager», fidèle à son comptoir depuis les années 1960. Un autre sourit en racontant que l’épicier du patio dispose encore ses légumes à la manière de son premier patron. À l’époque, la majorité des clients étaient Français, Espagnols ou Italiens, et les propriétaires appartenaient à la communauté européenne. Aujourd’hui encore, quelques échoppes semblent intactes. Entre les étals de poisson et les vitrines de fruits secs, un antiquaire expose des vinyles rares, témoins d’une autre modernité. Le marché, à sa façon, continue de battre au rythme d’un siècle d’histoire.
Par Houssam Al Figuigui
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