Le Maroc est un Etat, un peuple, une identité, un territoire. Nous connaissons l’histoire de cet ensemble depuis l’avènement de l’islam, mais qu’en est-il du «Maroc d’avant» ? Qu’en est-il de cette période que la littérature officielle qualifie sommairement, et péjorativement, de «Jahiliya»? Qu’en est-il de ce Maroc antique ?
Dans le dossier que nous vous proposons, Zamane explore des parcelles inconnues de notre longue histoire. De l’influence romaine à l’égyptienne, en passant par la présence (surprise !) de l’influence persane, le Maghreb Al Aqsa, ou la terre la plus occidentale du monde arabe, recèle des trésors d’histoire à (re)découvrir. Et un cheminement long, parfois tortueux, avec bien des inflexions et des zones de turbulences, tout cela évoluant et convergeant, au final, au «Maroc» que nous connaissons…
Le périple de Hannon est le texte classique qui fixe cette séquence phénicienne. Nous n’en gardons, ici, que des lieux du Maroc que l’explorateur phénicien avait fixés. D’abord, l’embouchure de la Moulouya, puis l’un des comptoirs qui connaîtra une grande fortune, et qui gardera son nom phénicien à côté de son nom amazigh, Melilia, baptisée par les Phéniciens, par Russadir (Rossader) contraction de Rus Dir, grand cap. (Rus phénicien, se rapproche de Ras, en arabe tête). L’autre lieu que fixe Hannon est le fleuve Tamuda, l’actuel Oued Martil, à l’embouchure de la cité Tmdat sur les inscriptions de monnaie qui nous sont parvenues. L’appellation Tmdat est locale. Tingi est mentionnée dans le périple de Hannon. Elle était tout autant mentionnée par l’appellation Thiggé que Tinga. Le nom n’est pas phénicien. Il garde la marque de ses origines libyques (amazigh) avec le préfixe Tin (De). Le cap Spartel, appelé dans l’Antiquité le cap des Vignes, contenait une grotte qui prendra pour nom Grotte d’Hercule. Le culte qu’on y célébrait n’était pas phénicien. Les visiteurs de ce sanctuaire devaient adorer quelque divinité libyque, qui fut plus tard assimilée, selon Stéphane Gsell, soit à l’Héraclès grec, soit à l’Hercule de Tyr.
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