L’histoire de la médecine dans l’Empire chérifien ne débute assurément pas le Protectorat. Néanmoins, à partir de 1912, elle connaît une accélération. À la source, un homme: le Résident général Lyautey, qui estime «un médecin plus important qu’un bataillon». Et c’est depuis Fès et l’hôpital Cocard du Dr Cristiani que s’engage l’aventure médicale chérifienne.
Commençons par un tour d’horizon sur la situation de la médecine à l’avènement du Protectorat. «Lyautey a fait appel aux médecins pour venir participer à « l’œuvre civilisatrice ». Les premiers groupes constitués furent des groupes mobiles. Dès 1912, Lyautey lança son appel aux médecins pour venir au Maroc. La réponse fut rapide. La vague des immigrés devint importante après la Première Guerre mondiale», souligne le médecin et chirurgien marocain Mohammed Ghoti dans son ouvrage «Histoire de la médecine au Maroc, le XXème siècle» (1995). On l’a dit : Lyautey, une fois installé au Maroc, va massivement faire appel aux médecins, à la fois civils et militaires. Mais ce sont ces derniers qui vont avoir la haute main, et cela de 1912 à 1926, c’est-à-dire jusqu’au terme du proconsulat de Lyautey au Maroc. Ils veillent notamment à la santé globale de l’Empire chérifien, aussi bien en milieu urbain que rural. N’oublions pas qu’au début de leur intervention, le Maroc est loin d’être « pacifié », et qu’une large partie des régions périphériques demeure inaccessible aux nouveaux colonisateurs. Quoi qu’il en soit, la salubrité et l’hygiènes publiques, l’assainissement des eaux potables, la traçabilité des denrées alimentaires reposaient sur leurs épaules galonnées. En 1916, alors que la France est en pleine débâcle, Lyautey exige soixante médecins pour le Protectorat.
Vers la fin de la Grande Guerre, le travail de prophylaxie semble bien avancé. En témoigne la publication, le 24 juillet 1920, d’un dahir chérifien consacrant la création d’un service de la Santé et de l’Hygiène publiques. Un grand pas en avant, donc.
Par Farid Bahri
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