Ville aux mille visages, phénicienne puis romaine, arabe puis portugaise (jamais tout à fait), Larache a un destin à part : cédée aux Espagnols en 1610, elle devient l’enjeu d’un siècle de fortifications, de trahisons et de convoitises royales.
Les villes du littoral atlantique ont connu une aventure urbaine sans précédent dans l’histoire du Maghreb al-Aksa. Amazighes avec toute certitude à leurs débuts, abritant fort probablement des villages de pêcheurs, elles deviennent phéniciennes, carthaginoises, romaines, arabes, puis portugaises. C’est le cas de Larache. Sauf qu’à l’inverse des autres cités maritimes, sous les Saâdiens, Larache ne deviendra pas portugaise et sera cédée aux Espagnols. En voici les raisons. De son nom latin Lixus, Larache fait partie des villes marocaines qui ont participé à la mythologie gréco-romaine. Le Jardin des Hespérides ne butinait-il pas, dans les eaux du Loukkos, le fleuve à proximité de Larache, toute la luxuriance de ses vignes et de ses vergers ?
L’histoire de la cité est millénaire, on l’a dit. Les premières sources arabes parlent d’«al-Ara’ish», signifiant «les treilles». Un clin d’œil sans équivoque aux généreuses vignes qui ont fait sa renommée jusqu’à Tyr, Carthage ou Rome. Quoi qu’il en soit, très rapidement, la cité s’affirme comme un centre commercial très actif. Le Loukkos, durant l’Antiquité et le Moyen Âge, est un cours d’eau navigable : les embarcations, depuis le port maritime, pouvaient s’aventurer à l’intérieur des terres pour explorer et commercer avec les peuplades autochtones. Cette importance de l’océan dans la vie économique de la cité ne se démentira plus par la suite.
Par Farid Bahri
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